
Mes Rêves
Prise de conscience, ma tête me fait mal, j’ai l’impression de me réveiller d’un sommeil qui a duré que trop longtemps. Je ne vois rien, aucun son ne me vient, je ne peux pas bouger, comme si je reprenais mes esprits lors d’un rêve. Le temps me paraît long, trop long, j’angoisse, mais ne ressent rien. J’essaie tant bien que mal de me souvenir de ce qui m’est arrivé, mais rien ne me revient. J’essaie de parler, d’appeler à l’aide, mais aucun son de sorts de ma bouche. Je sens une agitation autour de moi, je ressens une présence. J’ai peur…
Plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois ? Combien de temps s’est écoulé depuis mon réveil ? Depuis peu, je reprends l’usage de mes yeux, tout est encore un peu flou. Je distingue des ombres parmi la lumière, mais le temps me paraît toujours aussi long. Je ne peux toujours pas bouger, et mon crâne me fait toujours aussi mal. J’essaie de me remémorer ce qui s’est passé, mais je ne trouve que le néant dans mon esprit. Je ne connais même pas mon propre nom, je ne sais rien de moi. Pourtant, j’avais une vie avant mon réveil, j’avais des rêves avant ce cauchemar, je le sais tout au fond de moi.
Second réveil après une deuxième léthargie, les douleurs sont beaucoup moins intenses. L’obscurité est revenue tant mieux, les lumières ne me feront plus de mal. Je sens toujours les présences autour de moi, je m’y suis habitué, bien qu’elles m’angoissent, je ressens leurs bienveillances. Elles tentent de me guérir, je le sais, ce sont elles qui m’ont plongé dans le second sommeil, que m’est-il arrivé, je ne m’en souviens plus, d’ailleurs, je ne sais toujours pas qui je suis. Afin de m’occuper, j’essaie de me souvenir, mais rien ne revient dans ma mémoire… Rien… Le vide absolu…
Que m’est-il donc arrivé, pour que je sois dans un tel état, inerte, isolé dans ma bulle de silence et de pénombre ? Pourquoi toute cette agitation autour de moi ? Pourquoi ne me laissent-ils pas mourir ? Depuis combien de temps suis je dans cet état-là ? Cela me semble être une éternité. Les questions fusent, le temps passe, dormir, se réveiller dans cet état de conscience, dormir, se réveiller… Le temps passe, lentement, trop lentement, les douleurs physiques sont moins intenses, mais les blessures mentales me font cruellement souffrir, la démence me guette, mais ne vient pas à moi. J’ai toujours autant de questions, mais je n’ai toujours pas de réponse.
Puis arriva le temps des réminiscences douloureuses, une image, juste une seule, une vague sombre qui se précipite sur moi. Une eau glaciale, qui se jette sur moi. Voilà, la seule chose dont je me souviens. Un souvenir qui me provoque des douleurs atroces, et, a chaque fois que le mal se fait ressentir, les présences autour de moi s’activent, tentent de m’apaiser, de me soigner. Je ne redoute plus cette « compagnie », elles m’aident, ce sont des femmes, j’en suis certain. Je voudrais tellement communiquer avec ces personnes, les remercier, leur parler, peut-être m’aideront-elles à me souvenir. Retrouver la mémoire, comprendre…
Troisième réveil, je n’ai plus mal, je reprends conscience de mon corps, je ressens beaucoup plus de choses désormais, j’essaie de bouger, mais j’ai une impression étrange de flotter, cela est très étrange, mais pas si désagréable que ça. Les présences sont toujours là encore plus présentes. J’essaie de leur faire un signe, mais je ne sais pas si j’y arrive réellement. Mon seul souvenir me revient de plus en plus souvent, mes angoisses ont disparu, peut-être que je me suis habitué d’être ainsi coupé du monde, seul dans ma bulle, isolé dans ma léthargie.
Quatrième réveil, je ne flotte plus, mais je me sens si lourd. Je suis allongé, toujours isolé dans ma bulle, mais le contact commence à s’établir, quelqu’un me tient la main. Je suis si heureux de pouvoir sentir cette main, comme un fil d’Ariane qui me relie au monde extérieur. Pendant de longues heures, je ressens ce lien, j’en suis si heureux. Par moment, il m’arrive de distinguer des sons. Depuis peu, je me remets à rêver, un songe récurant, je suis au milieu d’animaux, peut être est-ce la mémoire qui me revient.
Réveil brutal, une douleur me traverse le corps, mon corps s’agite, on s’affole tout autour de moi, injection, électrochoc, que sais-je ? Une multitude d’images se saccadent dans mon esprit, j’ai mal, je hurle. J’ai froid, j’ai peur, les présences autour de moi aussi, je ressent leurs agitations et leurs inquiétudes. Une vague électrique me retraverse le long de ma colonne vertébrale, je stoppe net toute activité physique. J’ai de nouveau l’impression de flotter, je vois un long tunnel lumineux, je m’en approche, la lumière est si douce, j’entends au loin une musique, je me sens si bien, détendu. Choc…
Je m’éloigne du tunnel, j’essaie de lutter pour continuer, je ne veux pas retourner dans cette obscurité, soudain, je reprends conscience de mon poids, une force brutale me tire en arrière, le tunnel disparaît. Je sombre à nouveau.
Je rêve. Je suis au milieu d’animaux, nous sommes dans un hangar gigantesque, il fait froid. Je n’ose pas sortir, j’ai peur, les animaux aussi. J’entends un bruit sourd et violent, je me retourne et… Je suis de nouveau réveillé, j’arrive à voir, mes yeux me font mal, je ne distingue que des ombres au milieu de la lumière, j’essaie de bouger, j’essaie de parler, seul un son rauque sort de ma bouche. Les ombres se précipitent vers moi, ils essaient de me parler, je ne comprends pas ce qu’ils essaient de me dire, je ne distingue que quelques sons. Les présences sont autour de moi, quelqu’un me tient la main, ils essaient de me parler, mais les sons me donnent un mal de tête terrible. Je suis resté si longtemps dans mon isolement que cela est trop pour moi. J’essaie de parler, et seul un son monocorde gémit faiblement du fond de ma gorge, je retente d’émettre un son plus fort, mais cela m’irrite la gorge. La personne qui me tient la main, pose l’autre sur mon front, cela m’apaise, sa voix est plus douce, j’ai moins mal à la tête. Je suis fatigué, terriblement fatigué. Je replonge dans le sommeil.
Le même rêve me revient sans cesse, je suis avec des animaux, parfois dans une forêt, parfois dans une pièce gigantesque, mais entouré d’animaux, le ciel est sombre, les bêtes paniquent, et un bruit violent me fait tourner la tête, je vois une vague immense fondre sur moi, et toujours à cet instant, je me réveille. Je n’y vois toujours pas bien, les ombres se font un peu plus nettes chaque jour, petit à petit mes oreilles s’habituent au bruit. Les « présences » sont toujours là à veiller sur moi, ils ont eu la présence d’esprit de tamiser la lumière pour moi, je n’arrive pas à parler. D’ailleurs, je découvre avec horreur que je ne sais pas parler, seuls quelques divers bruits sortent de ma bouche, je ne comprends aucun de leurs mots. Je commence à réaliser que durant mon isolement, j’ai perdu la notion du langage, une si longue période durant laquelle mon corps a oublié beaucoup de choses, comme voir,entendre, parler…
Depuis combien de temps suis-je là ? La question me traverse froidement l’esprit. Qui suis-je ? Pourquoi je ne me souviens plus de rien ? Je suis resté si longtemps dans mon coma que j’en ai perdu l’usage de la parole et de la vue. Que m’est-il arrivé ? Pourquoi fais-je toujours le même rêve ? Et les présences, que me font-elles réellement. L’angoisse monte brusquement. Vais-je rester indéfiniment ainsi ? Mon rythme cardiaque s’accélère brusquement, ma respiration est de plus en plus difficile. Dans quel état suis-je ? Depuis combien de temps ? Les questions défilent à grande vitesse dans ce qui me reste de tête. Mon cœur bat de plus en plus fort, encore plus vite. Je ressens une agitation autour de moi, les « présences » sont autour de moi, je sens une main qui essaie de me rassurer, je respire encore plus vite, mon palpitant passe à la vitesse supérieure une fois de plus, les « présences » autour de moi s’agitent aussi, la main est moite, les « présences » ont peur, ma poitrine va bientôt exploser, je sens quelque chose qui rentre dans ma peau, certainement un de leurs ustensiles, et quelque chose se répand dans mon sang. Je me calme, tout devient de plus en plus calme, lentement, mon corps reprend une cadence normale. Lentement, je plonge dans un nouveau sommeil, lentement, je retombe dans le coma.
Rédigé le 06 dec 2009 dans Mes Rêves > Rêves de nuit par Balthasaar
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