
Mes Peines
Definnissons le périmètre, le cadre, bon-sang, le cadre!! la société de consommation est certainement née avec l’apparition des supermarchés, puis des grandes surfaces spécialisées avec ses gondoles surchargées de lot de poupées Barbie et de camion de pompier Playskool offert en offrande à des chérubins qui ne savent plus rêver avec une craie, un élastique et des osselets…, Il faut donc consommer. Oui, mais si on ne veut pas? Hé bien, il faut se forcer! Pour cela, il faut susciter le désir. Et comment qu’on crée le désir, hein, comment? Non, jeune homme, vous vous rhabillez tout de suite, il fallait répondre par la FRUSTRATION !
Frustration : « Etat mental d’insfactisfaction caractérisé par un déséquilibre entre un désir ou une attente et sa réalisation du fait qu’il n’est pas (encore) réalisé. »
Nous sommes une société de frustré. Frustrés des loisirs, frustrés du sexe. Société de luxe où l’enjeu de l’environnement n’y est que envisagé et ou le mot « pollution » est substitué par « réchauffement climatique ». Société d’amour désorienté par d’immenses laboratoires aguichants qui propose des pilules bleues pour relancer la machine. Société insatiable ou les Tupperware des réunions à domicile sont remplacés par des toys. Communauté zapping qui impose de dupliquer l’existant autant que de besoin (voitures, téléphone, appartement…). Consommation narcotique et gourmande indispensable pour oublier ou surenchérir. L’illusion est cassé…Quand on est face à son problème, sans se poser les bonnes questions, sans jamais oser vouloir changer et s’améliorer, quand on est face à son échec et qu’enfin on fait le bilan, on se rend compte que de ne pas s’être pris en charge, c’est un peu comme un petit bout de salade entre les dents, tout peut basculer pour un rien tel un tsunami. Histoire pathétique de cette piètre portion de verdure, qui proclame la fin d’un mythe.
Nous avons trop…. Trop de tentation, trop de choix, trop de désir, trop de nourriture, trop de biens matériels, trop, trop, trop. Je prends souvent l’exemple du yaourt dans les rayons du supermarché… nature, avec sucre, avec crème, battu, brassé, avec fruits entiers, en morceaux ou coulis, arômes naturels, au bifidus actifs, au lait entier, avec plus de calcium , à zéro pourcent, à boire, fermier, bio, avec paille, pasteurisé, par paquet de quatre… Sans oublier le pot en verre, en terre cuite ou en plastique ! Ajoutons à cette profusion « la marque »… Ce n’est pas un peu beaucoup pour un yaourt ? Nos politiciens ambitionnent une croissance d’environ 2 % par année. Pour eux, elle n’a pas de limite et il faut sans cesse la stimuler, créer des emplois, augmenter la consommation. Or, on consomme déjà plus que la capacité de la terre à se régénérer et à absorber les déchets de ce qu’on produit. Notre société peut être appelée "de pillage". Puisque nous avons une production de remplacement se superposant à la production de nouveaux biens. Ce cumul se traduit par une augmentation vertigineuse de la production, qui à son tour entraîne l’utilisation croissante d’énergies et de matières premières qui ne sont disponibles qu’en quantités limitées sur notre pauvre Globe terrestre. Notre société peut aussi être appelée "de gaspillage". En même temps, le plus grand nombre des biens résultant de ce pillage sont ou bien excessives par rapport à l’usage qu’on leur demande (voitures, bateaux de luxe, "châteaux") ou bien désaffectés bien avant leur fin de vie réelle, par obsolescence (microordinateurs), par effet de mode (habillement), ou simplement parce qu’on les a assez vus. Cette forme de société est conforme à la "nature humaine" qui veut qu’on se prémunisse contre le besoin et satisfasse son ego en accumulant le plus de biens possible. Le siècle qui commence devra, sous peine de très mauvaises surprises, être celui d’un virage à 180° et l’introduction dans les consciences de la nécessité de passer du pillage à la gestion et du gaspillage aux économies. Il est donc utopique de penser qu’on va pouvoir continuer comme cela encore longtemps. La vraie question est de savoir si on va être assez intelligents pour faire le choix de simplifier sa vie aujourd’hui, ou est-ce qu’on va attendre que l’évolution de la planète nous y force. La planète ne peut pas tout supporter et on n’y échappera pas. Et si on n’agit pas volontairement, on risque d’avoir à modifier nos comportements de façon obligatoire ou autoritaire. Et ça, c’est beaucoup plus dangereux. Parce que des solutions autoritaires imposées de là haut, ce sont toujours les gens les plus vulnérables qui sont les plus touchés.
Rédigé le 15 jun 2009 dans Mes Peines > Récits de peines par senga
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