
Mes Amis
Je n’ai pas énormément d’ami(e)s. Mais ce n’est pas le nombre qui compte, c’est la qualité ! Encore que j’aurais aimé être amie avec la Terre entière et qu’elle me le rende bien… Comme tout le monde j’ai eu des déceptions, voir de franches inimitiés, mais dans ce cas-là, ça a été très traumatisant pour moi et la plupart du temps engendré les dépressions nerveuses dont j’ai souffert. Causes ou conséquences, je continue à me poser la question en psychothérapie…
Commençons par mes amitiés et inimitiés de vacances. Tous les ans depuis 1981, nous allions avec mes parents à St Cyprien, près de Perpignan, où ils possédaient un appart’, dans une grande résidence comportant 300 apparts et villas.
Dès que j’ai eu 8 ans, j’ai eu le droit d’aller seule jouer avec les autres enfants de la résidence, sur le terrain de pétanque contigu à gauche de notre immeuble, à condition de ne pas m’en éloigner. J’étais intriguée par la petite voisine du bas, au rez-de-chaussée de l’immeuble voisin côté gauche sur lequel nous avions une vue plongeante (l’immeuble étant à droite du nôtre, nous étions au 1er étage à droite, chaque immeuble comportant 9 apparts, 3 par étage), dont j’appris qu’elle portait le même prénom que moi, Caro, raison de + pour jouer ensemble ! Même si c’était presque la fin des vacances, donc peu de temps pour en profiter…
Ce soir-là, elle était avec Manu, une autre fille + âgée, Stéph le frère aîné de Manu, et ils promenaient leur bébé caniche blanc. Elles semblaient bien s’entendre et je trouvais mes futurs camarades de jeux sympas. Comme j’aime bien les animaux, mais que je n’ai qu’un chat et jamais eu de chien, je désire caresser le petit caniche, Bianca. Je me laisse même aller à la prendre dans mes bras tellement je suis attendrie. Mais comme je dis, je n’ai jamais eu de chien et donc pas appris à prévoir ni comprendre leurs réactions, et celle de la petite Bianca ne se fait pas attendre : elle se débat brusquement dans mes bras et j’ai pris une telle peur que je la jette par terre !
Voyant cela, Manu et Stéph se mettent à hurler, Caro me met une violente gifle, et je commence à craindre que mes parents entendent vu que leur immeuble était à côté, les fenêtres grandes ouvertes avec la chaleur, et les bruits se reflètent très facilement. Je craignais aussi de tomber nez à nez avec les parents de Manu, et je me suis sauvée lâchement. Mes parents n’ont apparemment rien entendu des cris et ne me posent aucune question, du coup je me tais, mais je garde secrètement ma frayeur d’une 1/2 heure + tôt…
Le lendemain soir, Caro était devenue très agressive et insultante envers moi. Comme si c’était à elle que j’avais fait du mal ! Je comprenais mieux que Manu soit fâchée, puisque j’avais cassé la patte de sa chienne (ce que j’ai appris ensuite) mais Caro voulait peut-être faire sa solidaire. En même temps avec la fin des vacances, je pensais que ça se tasserait complètement. Je me suis leurrée…
(Pour l’affaire de la patte cassée : je ne l’ai avoué à mes parents que quelques mois + tard, en plein hiver. Je jouais sur l’éloignement du temps et l’absence de tension que cela générait pour éviter une enguelade. Mes parents ne m’ont effectivement pas grondée, mais m’ont quand même reproché de ne pas l’avoir dit + tôt, pour payer aux parents de Manu la 1/2 des frais vétérinaires !)
L’année suivante, j’avais 9 ans et encore un peu + le droit d’aller jouer avec les enfants vacanciers sur le terrain de boules. Je fis mieux leur connaissance, mais je retrouvais Caro avec déplaisir. Celle-ci me tient toujours rancune d’un mal que je ne lui ai pas fait, Manu, elle, a compris avec une année de recul que j’avais réagi par peur et non par méchanceté. Caro, dès qu’elle me voyait, m’insultait et me faisait des réflexions désagréables, et lorsque j’étais seule avec elle, me frappait même !
C’était sans compter la Providence qui m’envoie une amie, ma meilleure amie de toute ma vie, mon témoin de mariage : Béné. Elle habitait au rez-de-chaussée d’un immeuble en arrière face au boulodrome où elle avait facilement vue dessus. Je serai toujours admirative de sa façon d’agir avec les gens en cas de conflits : jamais de colère, ni d’agressivité (tout juste un grognement), et rien que de la douceur, patience, compréhension, quasi-neutralité. Une psy-née ! Elle aurait dû en faire son métier (même si aujourd’hui, être orthophoniste lui va aussi très bien !).
Donc un jour de + où les 2 Caro se bagarrent, + précisément l’une tente de taper et l’autre de se sauver en hurlant au secours, Béné intervient et parvient à limiter les dégâts ! Je me confie spontanément à elle et Béné comprenait ma peur de l’autre Caro. Du coup, j’essayais de me rapprocher le + possible de Béné, et d’éviter l’autre Caro, surtout lorsque j’étais seule ou au bord de l’eau sur le port de la Résidence, car je ne savais pas encore nager et Caro m’avait menacé de noyade ! Je redoutais que Béné s’en aille la 1è à la fin des vacances, mais Dieu merci, c’était l’autre qui partait avant Béné ! C’étaient des querelles de gamines, mais la violence de Caro était elle que je prenais cela très très au sérieux. Je m’en étais aussi confiée à mes parents et ma mère qui faisait ses mots croisés dans la loggia me racontait qu’elle entendait Caro taper sur sa jeune soeur Sam et l’insulter aussi.
Le hasard a fait que mes parents se sont trouvés témoins, en se promenant à pied le soir, de la méchanceté de cette fille envers moi. Une insulte de + quand soudain j’entends la voix de ma mère : "Et alors ? Elle fait ce qu’elle veut ! Fous-lui la paix !". Ce qui n’a pas empêché Caro ensuite de se mettre à pleurnicher et m’insulter de + belle en me traitant de cafteuse…
Car cette fille, dès qu’on l’engueulait, qu’on la remettait à sa place, pleurnichait et accusait les autres d’être méchants avec elle en faisant croire à qui voulait l’entendre, qu’elle était dans la bande. La bande d’amis que je me suis constituée au fil des étés : Béné, Estelle et sa soeur Caro (eh oui ! Ce prénom a la cote !), Marie, Laetitia, Matthias (ses yeux bleus acier me faisaient peur au début, mais en le connaissant bien il était hyper sympa), Guillaume dit Titi, Hervé… Personne ne voulait vraiment d’elle ! Elle était à l’époque prétentieuse et prenait ses désirs pour des réalités aussi.
Avec le recul, je me suis rendue compte que si la 1è fois elle s’était énervée avec "l’affaire de la patte cassée", cela s’était mué en jalousie de me voir meilleure amie de Béné alors qu’elle voulait me prendre ma place en médisant sur moi ou en étant violente avec moi. Ca n’excuse pas tout le mal qu’elle me faisait, mais je pense qu’elle devait avoir des problèmes familliaux (ses parents ont effectivement divorcé + tard) elle en souffrait et se défoulait sur la 1è poire qu’elle avait trouvée, celle qui supporterait les coups, moi. Je ne surmontais qu’en sachant que je ne la voyais que 2 ou 3 semaines dans l’année !
Moi-même j’ai été témoin de sa violence sur d’autres : cachée derrière un buisson, je la vois ramener tenant d’1 main l’oreille de sa soeur, de l’autre l’oreille d’un petit garçon, l’air imposant, annonçant à l’assistance (ses parents et meurs amis) : "Je ramène deux imbéciles !"
Je ne suis jamais allée chez elle qu’1 fois, et encore, à force de supplications et avec Béné. Inutile de vous dire que c’était à contrecoeur qu’elle me recevait. Une autre fois, je regarde par le balcon dehors. "Coucou Caro !" me fait Béné en passant, et derrière elle, Caro qui me tire la langue !
Ce cauchemard estival n’a plus duré très longtemps, les grands-parents paternels de Caro vendant l’appart en bas de chez nous pour en acheter un quelques kilomètres + loin (mais en face, avec le plan d’eau, ça paraît près)
(en attente d’édition)
Rédigé le 21 feb 2009 dans Mes Amis > Récits et anecdotes par Aragatz
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