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» 1991- 1993 : Mes tristes années collège, ou comment ma vie est gâchée… | Mymemoriae
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Ca a commencé en 5è avec un bizutage aux escargots initié par un garçon de ma classe qui me détestait sans raison, puis ça s’est calmé en 4è jusque presque en fin d’année scolaire, où des filles de ma classe me rejettent sans explication, puis elles recommencent et continuent pendant toute la 3è où toute la classe est montée contre moi et en fin d’année, je suis quasi-inexistante, redoublante.

J’ai accumulé les dépressions, ce qui a retenti sur mes études (redoublements et échecs) et j’ai honte de l’avouer, mais je n’ai même pas de vie professionnelle ! Toujours mes dépressions, mais aussi la peur de revivre du harcèlement au travail (de +, mon père en a été victime lui-même, ce qui m’a renforcé cette peur). D’ailleurs, les rares stages et CDD que j’ai faits se passaient mal (tâches ingrates, critiques…), pourtant j’aimerais vivre normalement et travailler comme tout le monde ! (Je n’ai échappé à la rue que grâce à mes parents et grands-parents qui m’aidaient finacièrement). Et également un long célibat difficile à vivre car je craignais les hommes et la sexualité. Mais maintenant, je suis mariée à un homme très gentil, patient, compréhensif et sérieux, ce qui m’a permis au moins de ce côté-là de remonter un peu la pente, mais ça ne résout pas tous les problèmes…
Autrement, au collège, j’étais typiquement une élève mignonne physiquement, douce, gentille, pas défensive, fille unique, d’un milieu un peu + élevé, bonne élève, mais nulle en sport. je confesse néanmoins un défaut qui a peut-être contribué malgré moi à me faire harceler : une passion extrêmmement dévorante pour une célébrité de la télévision, Patrick Roy (décédé depuis d’ailleurs), que je claironnais à tout va car j’en étais fière et sans penser à mal. Seulement ça lassait tout le monde…
Certains événements m’ont incité autrement à me renfermer pas vraiment dans un mutisme, mais une grande discrétion, càd de ne plus révéler le moindre détail de ma jeune vie, la moindre faiblesse de caractère : le bizutage aux escargots, en fin de 5è (j’en ai parlé dans un autre article, + succintement). Un gros garçon de ma classe, à qui je n’avais pourtant rien fait ni rien dit, n’arêtait pas de me donner des surnoms tels que "la guenon", ou de me dire agressivement "dégage !" si j’avais le malheur de passer près de lui. Je ne répondais rien simplement car je ne savais pas me défendre, alors je m’en était plainte à la CPE. Aussitôt après, il devient doux comme un agneau, me demande comment je vais, il me paraît changé. Mais j’ai eu le tort d’avouer un jour que j’avais peur des escargots et lors d’une sortie organisée par la prof de biologie, en fin d’année scolaire (le dernier cours), il commence à me poursuivre avec un escargot. Je ne savais que faire, je ne voulais pas m’éloigner du groupe ni attirer l’attention et je sens quelque chose de froid et humide sur le corps : il avait lancé la bestiole qui avait glissé sur moi ! Les autres élèves, y compris les + sympas et même ma meilleure amie, s’y sont mis aussi ! Et je ne comprendrai jamais non plus l’attitude de Madame C, notre professeur : c’était de ma faute, je les excitais en criant, et à cause de cet "habillage", je marchais bras et jambes écartés, je ressemblais à un épouvantail, j’étais ridicule ! Elle n’a jamais levé le petit doigt pour faire cesser le bordel, se contentant de rares et vagues "calmez-vous !" Je lui disais que je ne pourrais pas aller en cours suivants dans l’était où j’étais, mais elle m’a enjoint à y aller quand même !
Revenue au collège, je me précipite vers la CPE (qui était très bien, heureusement), elle a appellé ma mère, qui a évidemment été outrée et m’a défendue bec et ongles, notre prof principal (de français, et père d’un élève de ma classe) a fait une leçon de morale a tout le monde. Je sais que la classe a été punie mais je ne me souviens plus comment. La CPE m’enlève les escargots ou morceaux d’escargots écrasés avec un mouchoir en papier en attendant que ma mère me récupère. Sitôt à la maison, je me jette sous la douche !
Il avait été prévu quelques jours après une sortie de 48h à Paris avec cette même classe de 5è, organisée par notre prof principal et la prof de dessin (qui ne m’aimait pas non plus). Je refuse obstinément d’y venir, de peur de représailles ou d’un autre genre de bizutage. Je n’avais plus confiance !
En milieu de 4è, les 2 profs de sports décident de filmer les matchs de hadball. Lorsque mon équipe joue, je vois bien le caméscope tourné davantage de mon côté, mais sans réaliser que c’était moi qu’on filmait et je m’efforçais de l’éviter, + que de jouer (si on peut dire jouer : je ne savais pas rattraper un ballon ! Je n’aimais pas ça d’une part,  et d’autre part je n’étais ni très hardie ni très réactive…) et lorsque la vidéo est retransmise après le match, tout le monde rigole… Je ne sais plus où me mettre. Je me savais évidemment nulle en sport, mais là c’était pire ! On m’enfoçait encore + dans ma nullité, on me ridiculisait. Mes parents étaient dégoûtés et avec le recul, ont regretté de ne pas avoir exigé la K7 vidéo pour la détruire. Aujourd’hui, Monsieur R et Madame J sont décédés, l’un en 2004, l’autre en 2008. Je ne suis pas spécialement rancunière mais j’espère que Monsieur R moisit en enfer !
A la même époque, un garçon d’une autre classe de 4è qui faisait sport en même temps que ma classe m’interpelle. je me retourne… Et il m’exhibitionne son sexe ! Personne ne s’en rend compte, ni profs ni élèves. J’en parle vite au principal et à mes parents, heureusement ce garçon est puni et ne se venge pas. Mieux, il est viré en fin d’année !
Lorsque je me présentais aux éléctions des délégués de classe, tout le monde ricanait et je ne récoltais qu’1 ou 2 voix. Une année j’étais tout de même déléguée suppléante. Là, j’avais toutes les voix ! Ils pensaient tous que je profiterais si j’étais élue pour "balancer" tous mes problèmes… ce que j’aurais certainement fait d’ailleurs ! Et ils savaient que ma place de suppléante ne me servirait jamais…
Mais comme je ne savais pas me défendre, je n’avais d’autre choix que d’en référer à mes parents et aux peu d’adultes de confiance du collège pour faire quelque chose. Bref, "Balancer", en termes + durs !
En 4è toujours, en sport, une fille d’une autre classe de 4è qui avait sport en même temps, en voyant ma maladresse, m’a dit avec un mépris quelque chose que j n’ai hélas jamais oublié et qui a également gâché ma confiance en moi : "Tu ne sais rien faire, ma pauvre fille, rien de rien !"
En fin de 4è, je me promène en cour de récré avec ma meilleure amie et une autre fille sympa, quand je vois 2 autres filles de la classe qui s’approchent pour nous dire quelque chose. Je m’approche aussi machinalement et elles me rejettent violemment : "Non, toi tu te casses !" Je reste seule et interdite et lorsqu’on retourne en classe, elles sont à une table voisine de la mienne et j’entends murmurer vers moi "Nunuche, cloche, gourde, bécasse, nouille, gogol…". L’après-midi, lors de la récré, à peine me suis-je approchée du garçon sur lequel j’avais des vues qu’elles me tombent dessus, me traitant de tous les noms, où ressortaient le fait que j’étais pas dégourdie, trouillarde, nunuche… Peut-être le visaient-elles aussi et étaient jalouses de moi… Je n’en ai pas parlé à la CPE cette fois (c’était une autre, moins bien d’ailleurs), mais ces 2 ou 3 dernières semaines de classe, j’étais terrorisée à l’idée de les voir. Elles disaient ostensiblement bonjour aux autres filles sauf à moi, m’envoyaient balader dès qu’elles me repéraient de loin. Les 2 mois de vacances d’été n’ont rien calmé puisqu’elles recommençaient ! Progressivement dans l’année, la classe entière ne s’occupait plus de moi, ma meilleure amie me délassait et commençait à copiner avec ces filles. Même les camarades avec qui je m’entendais pourtant très bien primaire me méprisent ou m’ignorent !
Vers la fin de l’année, mes résultats autrefois excellents devenaient catastrophiques et j’avais craqué, je pleurais tout le temps. Mes parents, d’abord surpris par mes changements, comprennent à peu près et je leur fais des pieds et des mains pour aller redoubler en collège privé en internat, ce qu’ils acceptent malgré leurs propres difficultés. J’aurais pu y entrer + tôt (et les choses se seraient sûrement mieux passées), mais j’avais un peu peur d’être pensionnaire et qu’on me force à manger ! Je leur avais aussi proposé le CNED mais ils ont refusé par contre, de peur que je m’isole trop sans doute. Lorsque la prof principale (de français, avec qui ce n’était pas trop la joie non plus) annonce les passages et redoublements, au moment où elle cite le mien, tout le monde ricane, j’entends des "tu m’étonnes, elle est tellement nulle !". Et moi, lorsque j’annonce que je redouble dans le privé, j’en entends des critiques !
Avant cela, en Mai, je me suis malheureusement retrouvée en voyage scolaire en Allemagne avec mon ex-meilleure amie et ces 2 filles qui me pourrissaient la vie. En me forçant à boire de la bière (je hais l’alcool !), heureusement j’ai pu recracher. En s’arrangeant aussi pour me perdre en ville, déjà que je maîtrisais que la langue purement scolaire… En me disputant avec mon amie (nous étions dans la même famille) et en étant après la seule contente de rentrer !
J’avais eu la chance dans mon malheur d’être soutenue par ma prof de maths de 5è-4è-3è qui avait même donné des cours particuliers bénévolement (elle refusait même l’argent de ma mère), car j’étais un peu faible dans cette matière, et aussi pour m’avoir aidé à rattraper une absence. Comme personne ne voulait plus prendre cours et devoirs les rares fois où j’étais malade (au début, ma meilleure amie le faisait), c’était elle qui s’en chargeait ! Elle avait même défendu fermement mon passage en 2e !
Au collège privé, puis en lycée, je côtoyais beaucoup d’élèves de milieu un peu "Charles-Edouard", gentilles, mais je sentais que là aussi nous n’étions pas du même monde, même si ça se passait beaucoup mieux. Là, c’était plutôt moi qui venais d’un milieu modeste, alors qu’au collège public, les élèves étaient presque tous enfants d’ouvriers (et j’appris par la suite que leurs parents ne s’en occupaient pas vraiment… mais ça n’excuse pas tout !) et moi fille de cadre (architecte). Par les élèves + comme moi, j’étais souvent visée par de petites piques acerbes là aussi, mais c’était des roses à côté de ce que j’ai vécu. Mais j’étais déjà détruite depuis mes 13 ans, allant de psy en psy. J’ai eu mon bac L, mais du 2è coup (et en passant par le CNED cette fois, lassée de l’enseignement traditionnel et étant assez autodidacte). J’ai échoué en psycho et me suis rabattue sur le secrétariat. J’ai fini par m’y faire mais ça a été très difficile. J’ai aussi une reconnaissance travailleur handicapé à cause de tout ça.
Mes parents me disent d’oublier, de surmonter ça, d’arrêter de ressasser ces histoires. Mais ces choses-là, si ça ne marque pas à vie, ça marque du moins très longtemps… Comme ça fait partie de mon passé, je ne pourrai l’éviter, je voudrais pouvoir réussir à l’accepter, à vivre avec, sans subir en permanence et continuer à me gâcher la vie…
A 31 ans, mariée sans enfant, je suis en recherche d’emploi et toujours fourrée chez le psy… Je pense que j’en aurai besoin toute ma vie ! Détruite par de petits crétins à un âge où j’aurais dû m’épanouir, avoir confiance en moi, réussir ma vie professionnelle… Y arriverai-je enfin un jour ?
Je voudrais lutter contre ça et la violence scolaire qui suit souvent hélas, et que mes enfants (je n’en ai pas encore) soient + heureux scolairement (et globalement) que je ne l’ai été !…


Rédigé le 08 jan 2009 dans Mes Peines > Récits de peines par Aragatz
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  • Commentaires

Par Visiteur le 17-janv-2009

Je pense qu’il est temps de devenir adulte pour toi Caro.Arrete de te focaliser sur le passe et va de l’avant.On a tous des souvenir douloureux dans le passe et c’est eux qui font de nous ce que nous sommes.
Les humiliations scolaires j’en ai eu beaucoup moquerie sur mon physique, compare a une attardée mentale, humiliation morales etc…Maintenant si c’etait a refaire je referais tout pareil parceque ce chemin la m’a permis d’avoir mon homme et ma fille.
Prend toi en main arrete de t’appitoyer et va de l’avant, tu as un mari qui a l’air merveilleux et qui t’aime alors fonce.Et surtout ce n’est pas en rendant les autres responsable de tes echec que tu avanceras.Cherche a l’interieur de toi pourquoi tu as echoué.C’est pas facile mais je t’assure qu’apres ca te libere crois en mon experience….Bon courage a toi Bizzz Bozo

Par minuit le 4-fév-2009

J’ai lu ton histoire, effectivement, tu dois te ressaisir et les blessures du passé ne sont pas les plus faciles à effacer, par contre, sans préconisé de traitement, mais je sais que la kinésiologie arrive parfois à débloquer les chocs émotionnels, donc renseigne toi et trouve toi un bon kinésilogue et soigne toi, c’est une médecine qui t’aidera en plus du psy…. Mais il te faut apprendre à croire en toi, plus tu te positionneras en victime, plus tu seras une victime…. il y a un livre que j’aime énormément et qui peut t’aider, c’est le ” livre du bonheur ” de Marcelle Auclair… Lis le et mets le plus possible en application ce que tu y apprends et le bonheur viendra frapper à ta porte…. Courage……………Minuit

Par Visiteur le 9-aoû-2009

J’ai lu ton histoire, et je pense également qu’il est temps pour toi de te relever. Tant que tu continueras à te mépriser de la sorte et resteras la victime de ces gens qui t’on fait souffrir. Prouves toi que tu vaux mieux que cela, et peut etre même mieux qu’eux. Dailleurs sais tu ce que ces gens sont devenus? Il y a fort à parier que la plupart s’en sont beaucoup moins bien sortis que toi! Laisse le passsé au passé, nous avons tous en nous des cicatrices qu’on ne peut effacer. Tu as deja la chance d’avoir un mari qui t’aime, réjouis toi!
Cherche un nouvel emploi, monte tu association contre la violence à l’école, ne te laisse pas abattre et tu ne le regretteras pas.

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