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» Le travail et moi, ou plutôt le non-travail ! | Mymemoriae
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Voilà un de mes grands drames : je n’ai JAMAIS travaillé, même quand j’étais étudiante je n’en ressentais pas le besoin puisque mes grands-parents m’aidaient beaucoup ! Mais en fait, j’ai honte de l’avouer (enfin, pas vraiment ici), le travail me fait peur. Le peu de stages que j’ai fait dans ma courte vie m’a confortée dans cette opinion. Se retrouver, comme quand j’étais à l’école, avec des collègues pas toujours sympa, un patron maniaque et exigeant, des résultats parfaits (délais, méthode suivie, conséquences etc…), une charge de travail, un salaire pas enviable, des horaires qui t’empêchent d’en profiter, et souvent loin de chez soi.
C’est là que bien évidemment ça ne va pas avec ma famille : mes parents sont de la génération 30 glorieuses, la génération totalement épargnée ou presque, et se sont "faits" eux-mêmes dès l’âge de 17 ans sans rien demander (alors que moi on m’aide. Je n’abuse pas de la situation, mais comme on me le fait spontanément depuis le début, je laisse faire…) ils sont partisans de l’argument "on n’existe que par son travail" et anti-35h.
Je vous explique, c’est un peu long : d’abord mes études. Suite à des problèmes scolaires (socialement), alors que je méritais de réussir, j’ai accumulé les redoublements (3è, 2e, Te et 1è année DEUG). Je voulais devenir prof de biologie, mais outre que les maths n’étaient pas mon fort, et que j’adorais aussi la psycho, c’est ce que j’ai étudié, mais ça n’a pas marché hélas.
Peu d’autres choses m’ont intéressé, mais je me suis forcée pour faire plaisir à ma famille et les "débarrasser", à faire es formation rapprochant de mes passions : du secrétariat médical, puis CAP petite enfance. Mais je me trouvais lors de mes stages à côtoyer des personnes qui avaient réussi là où j’ai échoué et j’en étais un peu jalouse.
Et puis le drame a éclaté le 25 Octobre 2005 : une place de secrétaire médicale m’a été proposée 3 fois par une amie de la famille. La 1è fois, j’étais déjà partie en voyage. "Pas grave, mais tu vois ma fille, tu n’aurais pas dû partir en vacances, je te l’avais bien dit, des fois qu’il y aurait quelque chose pour toi…" Petit reproche pas méchant…
C’est la 2è fois que ça le devient. Comme la place était à temps complet et à l’autre bout du département, en + avec une amie-collègue qui répèterait tout à mes parents à la 1è faute fût-elle minime, ça m’emballait pas mais devant mes parents je faisais semblant d’être ravie. A, l’amie, me téléphone pour me dire que la place est prête, puis le dit ensuite à mes parents. Je me tape toute la route, mais pour ne pas être acceptée, j’ai gardé mon caleçon maison et je me suis parfumée à outrance. A n’était pas là au moment de l’entretien, avec une autre secrétaire, qui en + me parle d’assistante dentaire. Là, je panique, dégoûtée à l’idée de voir des bouches pas forcément propres et crachant du sang, j’ai dit NON ! et je suis partie (A arrivait et me voyait courrir stupéfaite).
Je rentre chez moi mi-soulagée, mi-inquiète de la réaction de mes parents mais sans penser à ce qu’on m’accuse.
A 17h et des poussières, mes parents m’appellent. Je tourne autour du pot puis je finis par lâcher le morceau. Résultat : j’entends mes parents hurler, me reprochant tous leurs problèmes, et moi tentant maladroitement de me justifier, pendant 1h comme ça !!!!! + tard dans la soirée, A nous appelle chacun et parvient de justesse à limiter les dégâts, mais chacun est encore très mal (mes parents prenaient des tranquilisants par la suite et ma mère pleurait toutes les nuits pendant plusieurs nuits). Ca a été tel que je ne rentrais chez mes parents que pour m’enfermer dans ma chambre, manger vite fait, et emporter mes provisions de la semaine, subissant reproches et menaces de me couper les vivres et même de me virer de mon/leur appart’ !
Janvier 2006 : La fameuse place me tombe dessus pour la 3è fois. Je ne dis oui qu’à contrecoeur en repensant aux menaces de mes parents. Pendant 2 semaines je fais un remplacement et ça devient vite un enfer avec la route, le froid (je gratte mon pare-brise tous les matins, n’yanat pas de garage, ça me retarde) et avec A qui n’arrête pas de critiquer tout ce que je fais me surcharger de tâches ingrates et de le répéter à mes parents. Je me dis que ça ne durera pas quand A me dit qu’elle veut me prendre en CDI ! Mais je panique et je refuse. Du coup elle est encore + dure avec moi. Je précise que tout ce temps, je rentrais chez moi à 21h, je ne me faisais pas à dîner, je rentrais en pleurant et migraineuse et me couchais même toute habillée !
Ma conseillère en insertion, S (qui par hasard est une amie d’A) a compris mon problème : je n’étais pas prête à travailler simplement. C’est elle qui a parlé à mes parents et conseillé une psy dans un centre. Du coup ils ne m’ont trop rien dit cette fois. Nous suivons donc tous les 3 une thérapie familiale qui fait qu’on s’entend très bien maintenant et que je n’ai presque plus de pression de travail de leur part…
Mais ils ne seront plus toujours là pour m’aider et l’autre ennui, c’est que je ne sais pas ce que je veux faire car peu de choses m’intéressent et à cette époque, je ne suis pas enthousiaste pour travailler…

Je n’arrive pas toujours à faire la part entre avoir des responsabilités et des ordres, j’ai facilement l’impression qu’on m’infantilise, qu’on m’agresse, et qu’on va m’engueuler si c’est mal fait…
Il faut que je me confie, j’ai une autre inquiétude : j’ai l’impression que ce sont maintenant mon beau-frère et ma belle-soeur qui ont "pris le relais" sur la pression professionnelle insidieuse. Il faut que je précise certaines choses, je m’entends bien avec eux, (surtout avec elle), mais voilà, ils n’ont jamais vécu le chômage et on des emplois sûrs et enrichissants (elle prof de maths, lui cadre bancaire et conseiller aux prud’hommes [tourne] ), mais une mentalité de travail un peu à la japonaise, particulièrement envers leurs filles : sauts de classes, cours particuliers de renforcement, plein d’activités sportives, et aller à l’école même avec 40 de fièvre…
Après avoir un peu brouillé la vérité sur ma situation pendant longtemps, après le récent licenciement de mon mari, au point où nous en étions, j’ai fini par dire à ma belle-famille (sauf ma belle-mère qui savait déjà et qui comprend, elle-même seule, de situation modeste et ne travaillant pas) le fait que j’ai touché le RMI et que j’ai une RTH pour cause de dépressions antérieures. Une fois avant, j’avais dit à ma belle-soeur que je voulais bosser à 1/2 temps pour quand même pouvoir m’occuper de la maison. Elle n’a rien dit mais j’ai senti qu’elle a tiqué.
Lorsque Dimanche dernier nous en avons reparlé, mon BF m’a dit que les secrétaires n’existaient plus, qu’il fallait que je me tourne vers les petits boulots de caissière, serveuse, femme de ménage…
Ces boulots-là sont déjà hyper difficiles (d’où les fréquentes démissions) et je me vois mal faire des km et me lever à 5h du matin pour ne rentrer qu’à 22h. Mais à entendre mon BF (qui va au boulot à 60 km de chez lui) et ma BS, faut accepter tout et n’importe quoi, du moment que c’est du travail et que je gagne de l’argent ! Oui, mais pas pour y laisser ma santé mentale déjà fragile…
Je me sens déjà gênée de ne rien pouvoir aider mon mari licencié à cause de mon chômage, et vu leurs brillantes situations sociales, je sens bien qu’un fossé se creuse malgré nous…
En même temps, je comprends leurs bonnes intentions mais ma BS est très protectrice envers mon mari, son frère et donc au moindre faux pas je sais qu’elle ne me le pardonnerait pas… Je passerais pour "la méchante" parce que je suis au chômage et si ça se prolonge je serai en plus "la méchante qui s’est fait épouser pour être entretenue et ne rien foutre"…
J’en ai parlé à mon mari qui m’a dit que je me faisais des idées mais je lui ai dit de ne pas dire amen à tout ce que dit sa soeur et de faire un peu ce qu’il veut sans tout lui dire…



Rédigé le 05 dec 2008 dans Mes Peines > Récits de peines par Aragatz
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